La Marseillaise

 La Marseillaise est l'hymne national de la France depuis 1795. Elle fait partie des symboles officiels de la République aux côtés du drapeau tricolore, de la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » et de Marianne.





Voici le premier couplet de La Marseillaise, l'hymne national français composé par Claude Joseph Rouget de Lisle en 1792, suivi d'une analyse lexicale et contextuelle.


Texte du Premier couplet :

Allons enfants de la Patrie,

Le jour de gloire est arrivé !

Contre nous de la tyrannie,

L'étendard sanglant est levé, (bis)

Entendez-vous dans les campagnes

Mugir ces féroces soldats ?

Ils viennent jusque dans vos bras

Égorger vos fils, vos compagnes !


Pour comprendre ce texte, il faut se replacer dans le contexte de la Révolution française, alors que la France est menacée d'invasion par les armées autrichiennes et prussiennes.

1. "Allons enfants de la Patrie"

  • Allons : Impératif d'exhortation. C'est un appel à l'action immédiate et collective.
  • Enfants : Ce terme ne désigne pas l'âge, mais la filiation. Les citoyens sont les fils de la "Mère Patrie". Cela souligne l'égalité et la fraternité des combattants.
  • Patrie : Du latin pater (père). Concept révolutionnaire fort qui remplace l'allégeance au Roi par l'amour de la terre commune et de ses lois.

2. "Le jour de gloire est arrivé"

  • Jour de gloire : Moment historique décisif. La "gloire" ici n'est pas la célébrité, mais l'honneur de défendre la liberté naissante face à l'oppression.

3. "Contre nous de la tyrannie"

  • Contre nous : Désigne l'adversaire extérieur et intérieur (les monarchies absolues).
  • Tyrannie : Pouvoir arbitraire et absolu. Dans le contexte de 1792, cela vise directement les souverains étrangers qui veulent rétablir Louis XVI dans ses pleins pouvoirs.

4. "L'étendard sanglant est levé"

  • Étendard : Le drapeau, symbole de ralliement militaire.
  • Sanglant : Adjectif puissant qui évoque la violence des combats à venir. Historiquement, cela peut aussi faire référence au drapeau rouge que la municipalité levait pour annoncer la loi martiale, ou simplement au sang versé par les ennemis.

5. "Entendez-vous dans les campagnes / Mugir ces féroces soldats ?"

  • Mugir : Un verbe normalement réservé aux animaux (le bœuf, le taureau). Employer ce terme pour des soldats vise à les déshumaniser, à les présenter comme des bêtes sauvages et incontrôlables.
  • Féroces : Souligne la cruauté attendue des troupes mercenaires au service des rois.

6. "Ils viennent jusque dans vos bras / Égorger vos fils, vos compagnes !"

  • Jusque dans vos bras : Image de l'invasion de l'intimité et du foyer. Le danger n'est plus à la frontière, il est dans la maison.
  • Égorger : Un terme graphique destiné à provoquer l'effroi et, par extension, une réaction de défense violente.
  • Fils, compagnes : Le texte touche ici aux fibres les plus sensibles (la famille) pour justifier la nécessité de prendre les armes (le futur refrain : "Aux armes, citoyens !").


Exemple de réécriture en français moderne :

  • Texte original : Allons enfants de la Patrie, Le jour de gloire est arrivé !

Français d'aujourd'hui : En avant, citoyens de notre pays ! Le moment historique de remporter la victoire est enfin là.

  • Texte original : Contre nous de la tyrannie, L'étendard sanglant est levé,

Français d'aujourd'hui : Le drapeau menaçant de l'oppression et de la dictature est déployé face à nous.

  • Texte original : Entendez-vous dans les campagnes / Mugir ces féroces soldats ?

Français d'aujourd'hui : Entendez-vous, à travers nos terres, les hurlements de ces soldats sauvages ?

  • Texte original : Ils viennent jusque dans vos bras / Égorger vos fils, vos compagnes !

Français d'aujourd'hui : Ils arrivent jusque dans l'intimité de vos foyers pour massacrer vos enfants et vos femmes !


 

Texte du refrain

Aux armes, citoyens !

Formez vos bataillons !

Marchons, marchons !

Qu'un sang impur

Abreuve nos sillons !

 

1. "Aux armes, citoyens ! / Formez vos bataillons ! / Marchons, marchons !"

  • Aux armes : appel à prendre les armes pour se battre.
  • Citoyens : membres libres et égaux de la nation — mot révolutionnaire qui remplace sujets du Roi.
  • Formez vos bataillons : organisez-vous en unités de combat.
  • Marchons : avançons — la répétition mime le rythme des pas et l'élan collectif.

2. "Qu'un sang impur / Abreuve nos sillons !"

  • Qu'un sang impur : que le sang des ennemis de la République — en 1792, les armées étrangères envahissant la France.
  • Abreuve : irrigue, arrose.
  • Nos sillons : nos terres labourées — symbole du peuple paysan qui possède et défend son sol.



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